mercredi 17 janvier 2018

Gardel




Nos deux fantômes hantant leurs lieux fort interlopes,
ils glissent sur des airs de ne rien interdire
et sur les rails cousus par cette Pénélope,
Ulysse ou Joyce ou moi, je me revois lui dire :

« On remercie ce Dieu qui créa ta beauté,
qui changeant le désert aride de mes rêves
en oasis ensommeillé, m'a raboté
le surplus d'inutile où je t'aimais sans trêve. »

Et languissant dans l'eau des larmes du Tango
— lorsqu'on se désaltère à son cœur d'hirondelle —,
il pleut les équations des échecs et du go.

L'averse est pour le moins ce que je garde d'Elle,
entrelacée des pas où frottaient nos gigots,
son regard et la voix du vieux Carlos Gardel.

https://soundcloud.com/annaondu/gardel

jeudi 11 janvier 2018

Aphorisme aveugle

Je suis un miroir qu'il faut briser pour savoir ce qu'il contient.

L'attente



Les fétus dévêtus de nos pailles en poutres
emploient la pesanteur à tromper nos allures,
et l'insensé volcan dont la lave est le foutre,
inonde atrocement les jolies chevelures.

Où t'es-tu donc noyée mon ancienne innocence ?
On ne t'a jamais crue débordant de désir,
et pourtant tu le sais, toute ma quintessence,
est en toi survivante et mon besoin d'écrire.

Il distille inconscient, des vapeurs intrusives,
il habille de blanc ma charogne éclatante
en te chargeant du reste à l'humeur corrosive.

Il édicte un baiser à tes bouches béantes,
à tes lèvres gonflées la caresse invasive,
un Amour est toujours une lettre latente.

https://soundcloud.com/annaondu/lattente

mercredi 10 janvier 2018

Sérendipité




Le verbe est un peu comme l'âme
et vagabonde à tout hasard,
réincarnant parfois en flammes
un batracien voire un lézard.

Et lorsqu'il lance un dévolu
sur le Poète — ô pauvre humain ! —
son gant de fer irrésolu
confie du velours à sa main.

Ce dernier ne sait plus comment
lui sont venues ses assonances,
et pourtant comme d'un roman
sort une étrange rémanence.

À chaque femme est une histoire
(un faux prétexte littéraire),
il entrelace un auditoire
entre des réels et leur air.

Il fait des vers au chalumeau
de ces amours que rien ne prouve,
or, il n'en cherche pas les mots
car ce sont les mots qui le trouvent.

On dira mal à son encontre
et beaucoup seront dépitées
par le hasard de ses rencontres,
oui par sa sérendipité.

https://soundcloud.com/annaondu/serendipite

dimanche 7 janvier 2018

Regarde



Lorsque ta vue me rejeta
m'ôtant de ton cœur un carat,
mêlant ses diamants végétaux,
j'embuai ton souffle en carreaux.
J'ai bu dans tes yeux des prairies,
ma menthe-à-l'eau, mon eau-de-vie,
J'ai lu dans ce vert sidérant
mes folies de mer et de vent.

Devant des rideaux de brouillon,
j'écrivais d'un don débrouillard
un peu de ta mine au crayon,
beaucoup de mon amour criard.
Et puisée dans l'onde irisée
de ton clair regard arrosant,
mon encre en toi s'est déguisée
dès lors en dealer dégrisant.

https://soundcloud.com/annaondu/regarde

samedi 23 décembre 2017

Aventurine




J'ai galvaudé des étalons de démesure
à m'empresser vers ton regard hallucinant,
vers cet éther dûment mêlé d'or et d'azur,
aux lents reflets dont j'allais prêtre en ruminant.

J'ai liquéfié dans leur formule un peu de moi,
de la fée verte et Salomon sa clavicule*,
aimant roder sur la verdeur de ton émoi,
pour mieux sauter, là fallait-il que je recule...

Un océan s'est écoulé de tes yeux tristes,
un temps sans fin, sans foi ni loi ni fond ni faim,
mais leur éclat d'obus de chlore et d'améthyste
obtint raison de mon esprit dès lors défunt.

L'aventurine a fait son job et l'ondée chut
sur Toi mon ange implorescent de son passé,
de ton parfum de fleur mouillée l'odeur m'échut
telle une peau cousue sur le revers d'abcès.

Des variétés de muscovite on sait la tienne :
elle est sanguine à la façon d'invertébrés
dont l'onde lymphe est au-delà de mes antiennes,
et dont l'accord hémocyanine est célébré.

J'ai cravaché ma peur servile en t 'épousant,
comme la roche affronte l'onde et son étreinte,
allant d'avant sans cesse et pourtant s'épuisant,
cédant à la durée de la chandelle éteinte.

Aussi, me suis-je dissolu dans tes humeurs
infiniment amarinées par l'eau de tes abysses
étouffant dans le fond, bien plus que des rumeurs,
on garde alors en bouche un goût de cannabis.

Ainsi charnu, fruit de l'oubli de soi,
il grouille en ma mémoire un flux de vers épais
comme une lampe d'Aladin que je reçois
sans le génie qui m'aurait pu laisser en paix.

La Poésie divague, alerte, écorne, embrume,
houleuse et souple, à la façon de ton bassin,
l'oscillation l'empresse et, pulpe de l'agrume,
amoncelle en baisers la pluie de son naissain.

Je me noie donc enfin dans ton vert d'eau de mer ;
orange est le cheveu, si laiteuse est la chair.
L'aventurine a tourné court et l'âme amère
appelle en tous mes sens un désir en jachère.


* "Selon une tradition juive, l'émeraude magique appelée Clavicule de Salomon, tombée du front de Lucifer lorsqu'il fut déchu sur terre, et symbolisant la Science Sacrée maudite parmi les hommes, fut un temps la propriété des Caïnites. Cette émeraude était le Bareket de Ruben Satanas, qui la donna à Lilith, première femme d'Adam avant de devenir celle de Caïn, lequel la lui reprit lorsqu'il voulut reconquérir le Paradis perdu par ses parents. Ce fut une des pierres précieuses du pectoral de Salomon, le "Urim et Thummim". Le Mage Simon la perdit contre Simon Pierre, qui la donna à Marc l’Évangéliste. Celui-ci ignorait que cette émeraude avait été donnée par Salomon à son architecte Hiram, en récompense de la construction du Temple de Dieu. C'est pour cette raison que l'émeraude était magique et qu'il y avait des caractères mystérieux gravés dessus : un message secret pour les initiés. Ces caractères, gravés comme des formules magiques, donnaient en réalité les indications pour retrouver l'un des trésors de Salomon et de la Reine de Saba. Ignorant tout cela, Marc partit en Égypte pour fonder l’Église d'Alexandrie, mais il fut étranglé par deux tueurs d'une secte gnostique, liée au Mage Simon, qui rapportèrent l'émeraude à Antioche. Plus tard, lorsque Basilide fut en possession de cette émeraude, il la transforma en gemme gnostique du genre Abrasax, et elle passa alors aux mains des hérétiques Caïnites, jusqu'à la conquête arabe d'Alexandrie en 641. Le chef arabe Amr ibn al-As donna l'émeraude à ses prêtres, qui en eurent la garde jusqu'au moment où deux commerçants vénitiens réussirent à s'en emparer, avec le corps de l'évangéliste Marc. Ils arrivèrent à Venise en 828. Puis on perdit la trace de la "Clavicule de Salomon", c'est-à-dire de l'émeraude magique... "(Wikipedia — https://fr.wikipedia.org/wiki/Caïnites)

samedi 16 décembre 2017

La Poésie ?

C'est un texte de chanson où se cacherait la musique...

Simoun



Je soufflais dans l'évent des plus grands cétacés,
dans les cordes tendues sur les arbres bronchiques,
et les voix d'outre-tombe étaient ma panacée
dans l'harmonie complexe où tout semble anarchique.

À chacun des couloirs est son étranglement
débouchant dans l'évier du bassin labyrinthe
où les hanches masquées d'ambitieux instruments,
jouent le fil mélodique où mes poumons s'éreintent.

En cessant d'embrasser d'absolues vocations,
j'ai laissé la paroles à des tons relatifs,
et j'en ouïs au passé l'obscure inspiration.

Je ne suis plus coupable et bien moins que fautif ;
un chemin s'est ouvert entre mes fondations.
Tout désert est porteur d'un mirage exhaustif.

jeudi 14 décembre 2017

Voilà qui me donne raison

Cela fait 1 mois 1/2 que j'ai quitté cette merde, on m'a dit que j'anticipais le mouvement des autres, et si c'était le cas ?
À lire/écouter absolument :

Les repentis de Facebook

L'apprentiss'âge



Les beautés mordorées des feuilles de l'automne
ont des mots la cambrure au vent qui les soulève,
et l'impression sépia d'un ancien scopitone
éveille en ma mémoire un vent mauvais élève.

Un fort mauvais sujet malgré sa majesté
posée sur le chevet des nuits que l'on dénoue
gordien, lorsque le temps scalpé, passé l'été,
noie son ambition fleuve au creux de nos genoux.

Plié, l'estampillé courrier du cœur moisi
s'est fait la malle et pire : il raconte une histoire
hantée par un fantôme aux sévices choisis,
conduisant les moutons du somme à l'abattoir.

Et l'automne hémophile alimente un vampire
accouché par le siège en égorgeant les jours ;
une amante aliénée ne vaut pas un empire,
un soleil en saignant m'apprend tout de l'amour.

On commence à mourir à la morte-saison,
lorsque les feux couverts indûment nous enivrent
avec un monoxyde et quelques déraisons
que le papier-carbone imprime en un mot : vivre.

Un mot fait de grands maux qu'il accumule en route,
et dont l'inéluctable et mortelle illusion
conduit tout un chacun sur les chemins du doute
où s'instille un cancer en deux, trois perfusions.

Si vivre est apprendre à souffrir en quelque sorte,
il est normal alors qu'on vieillisse en cynisme,
en regardant nos mues, continents qu'on emporte,
entre un jeune et un vieux le passage est un isthme.

lundi 11 décembre 2017

L'autre Tigre de Borges

"La proximité de la mer" est l'anthologie des poèmes traduits de Jorge Luis Borges au sein de laquelle je me plonge hasardeusement depuis plusieurs mois déjà.
J'y découvre avec étonnement, peu à peu, l'étrange identité littéraire avec mon écriture, où je puise un renforcement salvateur quant aux choix délibérément marginaux de cette dernière, à l'aune évidente instillée par les milieux intellectuels français, d'une poésie qui s'est coupée de son public.
À la découverte inopinée de son texte intitulé "L'autre tigre", il m'est apparu qu'outre une analogie de forme, il y avait dans la profondeur de cette métaphore une assez grande familiarité de pensée, voire un troublant mimétisme en l'utilisation d'un tel exemple — issu d'une lecture préalable en mon cas d'un essai de Barjavel.
Il en résulte au-delà de ma surprise, une conviction puissante animant ma revendication de cette ellipse à vrai dire incomprise, et malmenée par une insuffisante imagination chez ceux et celles usant d'un degré d'interprétation par trop prosaïque.
Afin d'illustrer mon propos, voici ce texte (ici traduit par l'excellente Alina Reyes) :

L'autre tigre

And the craft that createth a semblance
Morris, Sigurd the Volsung (1876)



Je pense à un tigre. La pénombre exalte

La vaste Bibliothèque laborieuse

Et semble éloigner les étagères ;

Fort, innocent, sanglant et nouveau,

Il ira par sa forêt et son matin

Et marquera sa trace dans la limoneuse

Rive d’un fleuve dont il ignore le nom

(Dans son monde il n’y a ni noms ni passé

Ni avenir, seulement un instant certain)

Et franchira les barbares distances

Et humera dans le labyrinthe tressé

Des odeurs l’odeur de l’aube

Et l’odeur délectable du gros gibier.

Entre les raies de bambou je déchiffre

Ses raies et pressens l’ossature,

Sous la peau splendide qui vibre.

En vain s’interposent les convexes

Mers et les déserts de la planète ;

Depuis cette maison d’un lointain port

D’Amérique du Sud, je te suis et te rêve,

Oh tigre des rives du Gange.

Le soir se répand dans mon âme et je réfléchis

Que le tigre vocatif de mon poème

Est un tigre de symboles et d’ombres,

Une série de tropes littéraires

Et de souvenirs de l’encyclopédie

Et non le tigre fatal, le funeste bijou

Qui, sous le soleil ou la lune variante,

Va, accomplissant à Sumatra ou au Bengale

Sa routine d’amour, de loisir et de mort.

Au tigre des symboles j’ai opposé

Le véritable, celui qui a le sang chaud,

Celui qui décime la tribu des buffles

Et aujourd’hui, 3 août 1959,

Allonge dans la prairie une ombre

Calme, mais déjà le fait de le nommer

Et de conjecturer sa condition

Le fait fiction de l’art et non vivante

Créature, de celles qui marchent par la terre.



Nous chercherons un troisième tigre. Celui-ci

Sera comme les autres une forme

De mon rêve, un système de mots

Humains et non le tigre vertébré

Qui, au-delà des mythologies,

Foule la terre. Je le sais bien, mais quelque chose

M’impose cette aventure indéfinie

Insensée et ancienne, et je persévère

À chercher tout le temps du soir

L’autre tigre, celui qui n’est pas dans le poème.


Jorge Luis Borges

(http://journal.alinareyes.net/2016/01/14/lautre-tigre-par-jorge-luis-borges-traduction-alina-reyes/)


dimanche 10 décembre 2017

Point de vue partagé


"Dans un poème ou dans un conte, le sens n'importe guère ; ce qui importe, c'est ce que créent dans l'esprit du lecteur telles ou telles paroles dites dans tel ordre ou selon telle cadence."

Jorge Luis Borges

Héroïne



Un être éclaboussant de sa lumière ambiante
un pan de ma rétine, est parvenu sans mal
à crever l'écheveau fourbu des fils d'amiante,
auquel il m'incombait d'en délier l'animal.

Et sous la roue bleutée du fond de ses ocelles,
où l'océan frémit du moindre souffle au cœur,
ondulait par instant le palpitant de celle
allant buvant le flot des vers qui font liqueur.

Au sérum inutile issu des sangs bouillis
par l'effusion subite ainsi des sentiments,
j'ajouterais la foi pour finir en bouillie.

J'ajouterais l'Amour extrait du jus d'amants
mis à l'amende douce avec mes gribouillis,
J'ajouterais l'éclat qu'il donne à mon roman.

lundi 4 décembre 2017

Quelques rappels d'usage

Salut tout le monde !
Je viens de publier deux nouvelles critiques ciné ici :
http://musicologis.blogspot.fr/
En effet, depuis mon blog principal d'où vous êtes en train de lire ces mots, vous pouvez accéder à ses périphériques, blogs dans lesquels je me laisse aller au gré d'écritures aux formes diverses et variées. Il suffit pour cela de cliquer sur l'un des liens figurant sous la liste "Mes autres mots, ailleurs" se trouvant dans la marge ci-contre

jeudi 30 novembre 2017

Le fantôme du placard






On peut bien faire un tour du monde
en cabossant d'autant Jul'Vernes,
on ramasse à l'appel immonde
un sacré tas de balivernes
à propos des façons de vivre
et de savoir se projeter
contre l'écran qui vous enivre
à force de vous en shooter.

J'ai ce fantôme en mon placard,
empêcheur de rêver en rond,
qui sans m'avoir filé rencart
a mis en boite de Ron-ron
tous les morceaux de mon sommeil
et le puzzle de mon passé
qui sonne comme un vieux réveil
aux Melody mal trépassées.

J'ai son regard en obsession
perdu dans un azur épais,
dans un espace en suspension
dont le présent repose en paix,
son disque et des fragmentations
de feu dans un verre d'eau lapée
sur le mur des lamentations
du temps qu'on ne peut rattraper.

Nul ne pourra la remplacer :
mon fantôme a ses avatars ;
et pourtant sans ses doigts glacés,
je me sens toujours en retard,
absent d'un futur harassé
par les confusions d'un tocard
abruti par les coups massés
contre les portes d'un placard.

On peut d'un tour de la question,
sans Carabosse et sans effet,
bien taire une autosuggestion
qui restât comme un vœu défait,
rien ne tuera l'émanation
des désirs qu'elle a suscités,
j'attends sa réincarnation,
sinon de la ressusciter.

lundi 27 novembre 2017

Une vraie vision lucide, argentine

"En poésie, les théories n'ont aucune importance ; ce qui est important c'est ce qu'on fait avec."
Jorge Luis Borges

vendredi 24 novembre 2017

Novembre




Lorsqu'on fait de Novembre un portrait réaliste 
Au pinceau comme au verbe —, on s'expose au soleil 
Intérieur irradiant des mourants fatalistes 
Illustrant nos propos de leurs teintes vermeil. 

Les beautés mordorées des feuilles de l'automne 
Ont des mots la cambrure au vent qui les soulève, 
Et l'écho de l'éclair aux éclats dont l'on tonne, 
Abat la démesure  naît la nouvelle Ève : 

Elle a de la lumière aux frimas tamisée, 
La froide exubérance et la moite attraction, 
L'inconstance du temps, sa mâchoire aiguisée. 

Ses quenottes jolies dont on fit notre action, 
De la bouche à la langue ont mangé les baisers 
Dont Novembre regorge à la moindre effraction. 


dimanche 19 novembre 2017

Liba(nisa)tions




À mon Grand-père Guy Gargadennec,

Conviés au Grand Autel où les intolérances
assimilées par l'ensemble infiniment dégorgent,
un par un refluent ceux dont les ingérences
ont tatoué — honte à tuer ! — les moutons qu'on égorge.

On a fait des repas d'un pays de Cocagne,
et des nécrophagies sont sortis tous ces vers ;
à chaque vie qu'on perd, un destin que l'on gagne
est écrit sur les peaux des charniers découverts.

Et l'état du levant, dépassée Terre enceinte,
interroge en ses rues tous les prénoms d'Allah,
ses espoirs avortés, ses racines d'absinthe
et l'or que la folie sabra et châtie là...

La tâche se répand comme un fut renversé
durant l'éclat de turbulentes libations,
sur un monde où, comme d'obnubilants versets,
résonne un air épais de libanisation.

samedi 18 novembre 2017

Comme la musique...

La poésie n'est que l'étincelle issue du heurt entre la brutalité générale et la beauté du monde.

jeudi 16 novembre 2017

A new place

Un nouvel endroit que je me dois de vous signaler :

lundi 13 novembre 2017

Tanka du 13 novembre


Arabesque hantée
Par un mirage aérien
Laissant décanter
Ses couleurs et l'Art de rien
Sur la grève incrémentée.

samedi 11 novembre 2017

L'éternel et l'instant




J'ai soudain l'encre amère
irriguant les stations
d'un métro métamère
en lente gestation.

Comme un vers s'y colore,
on le trompe dans l'air
étouffant qui s'honore
un peu d'Apollinaire.

On a laissé couler
cette encre où s'est noyé
le chant qui, roucoulé,
barbote, est larmoyé.

Des courbes de la Seine,
elle a sensualité ;
des phrases qu'elle assène,
un cours est alité.

Puis fleuve à ce point mort,
Un ennui coule, enjambe
Un vers qui soudain mord
Ses ponts à chaque jambe.

Un ennui noir, épais
comme un vieux roman russe,
un bout de « Guerre et paix »
surgi de papyrus.

Au quai de la Rapée,
le métro s'aérant
se fait par l'Art happer
tel un forçat errant.

Mais cosmopolitain,
le vieil azur blafard
endosse en son latin
des quartiers nénuphars.

On a pris pour sachet
l'étui de mes lotus,
mais sachez-le, sachez :
mes mots sont des motus.

Un étui pour estuaire
où les moins bons périrent
et les meilleurs se tuèrent :
un delta pour sourire.

On traînasse en cherchant
du passé quelques traces,
un regard aguichant
que ces endroits retracent.

Et les ponts de Paris
symbolisant le temps,
de leur arche apparient
l'éternel et l'instant.

vendredi 10 novembre 2017

Tanka du 10 novembre


J'ai dédicacé
La flaque du dieu Mercure
Aux vains pieds cassés
Des poésies qui n'ont cure
En rien des mers cuirassées.

mercredi 8 novembre 2017

Tanka du 8 novembre


L'ombilic des limbes
Est venu superposer
Son placenta d'eau
Sur le ventre amer que nimbe
Une hémorragie céleste.

mardi 7 novembre 2017

Tanka du 6 novembre


D'un liseré d'or
L'horizon s'est festonné
Lentement s'endort
Un littoral étonné
Par cet étroit corridor.