vendredi 24 novembre 2017

Novembre




Lorsqu'on fait de Novembre un portrait réaliste 
Au pinceau comme au verbe —, on s'expose au soleil 
Intérieur irradiant des mourants fatalistes 
Illustrant nos propos de leurs teintes vermeil. 

Les beautés mordorées des feuilles de l'automne 
Ont des mots la cambrure au vent qui les soulève, 
Et l'écho de l'éclair aux éclats dont l'on tonne, 
Abat la démesure  naît la nouvelle Ève : 

Elle a de la lumière aux frimas tamisée, 
La froide exubérance et la moite attraction, 
L'inconstance du temps, sa mâchoire aiguisée. 

Ses quenottes jolies dont on fit notre action, 
De la bouche à la langue ont mangé les baisers 
Dont Novembre regorge à la moindre effraction. 


dimanche 19 novembre 2017

Liba(nisa)tions




À mon Grand-père Guy Gargadennec,

Conviés au Grand Autel où les intolérances
assimilées par l'ensemble infiniment dégorgent,
un par un refluent ceux dont les ingérences
ont tatoué — honte à tuer ! — les moutons qu'on égorge.

On a fait des repas d'un pays de Cocagne,
et des nécrophagies sont sortis tous ces vers ;
à chaque vie qu'on perd, un destin que l'on gagne
est écrit sur les peaux des charniers découverts.

Et l'état du levant, dépassée Terre enceinte,
interroge en ses rues tous les prénoms d'Allah,
ses espoirs avortés, ses racines d'absinthe
et l'or que la folie sabra et châtie là...

La tâche se répand comme un fut renversé
durant l'éclat de turbulentes libations,
sur un monde où, comme d'obnubilants versets,
résonne un air épais de libanisation.

samedi 18 novembre 2017

Comme la musique...

La poésie n'est que l'étincelle issue du heurt entre la brutalité générale et la beauté du monde.

jeudi 16 novembre 2017

A new place

Un nouvel endroit que je me dois de vous signaler :

lundi 13 novembre 2017

Tanka du 13 novembre


Arabesque hantée
Par un mirage aérien
Laissant décanter
Ses couleurs et l'Art de rien
Sur la grève incrémentée.

samedi 11 novembre 2017

L'éternel et l'instant




J'ai soudain l'encre amère
irriguant les stations
d'un métro métamère
en lente gestation.

Comme un vers s'y colore,
on le trompe dans l'air
étouffant qui s'honore
un peu d'Apollinaire.

On a laissé couler
cette encre où s'est noyé
le chant qui, roucoulé,
barbote, est larmoyé.

Des courbes de la Seine,
elle a sensualité ;
des phrases qu'elle assène,
un cours est alité.

Puis fleuve à ce point mort,
Un ennui coule, enjambe
Un vers qui soudain mord
Ses ponts à chaque jambe.

Un ennui noir, épais
comme un vieux roman russe,
un bout de « Guerre et paix »
surgi de papyrus.

Au quai de la Rapée,
le métro s'aérant
se fait par l'Art happer
tel un forçat errant.

Mais cosmopolitain,
le vieil azur blafard
endosse en son latin
des quartiers nénuphars.

On a pris pour sachet
l'étui de mes lotus,
mais sachez-le, sachez :
mes mots sont des motus.

Un étui pour estuaire
où les moins bons périrent
et les meilleurs se tuèrent :
un delta pour sourire.

On traînasse en cherchant
du passé quelques traces,
un regard aguichant
que ces endroits retracent.

Et les ponts de Paris
symbolisant le temps,
de leur arche apparient
l'éternel et l'instant.

vendredi 10 novembre 2017

Tanka du 10 novembre


J'ai dédicacé
La flaque du dieu Mercure
Aux vains pieds cassés
Des poésies qui n'ont cure
En rien des mers cuirassées.

mercredi 8 novembre 2017

Tanka du 8 novembre


L'ombilic des limbes
Est venu superposer
Son placenta d'eau
Sur le ventre amer que nimbe
Une hémorragie céleste.

mardi 7 novembre 2017

Tanka du 6 novembre


D'un liseré d'or
L'horizon s'est festonné
Lentement s'endort
Un littoral étonné
Par cet étroit corridor.

vendredi 3 novembre 2017

Tanka du 3 novembre



L'étale est létale
Ô Mer, odyssée virtuelle
Au-delà de l'île
Où l'on supplicia Tantale
Avec un espoir actuel.

Irish writers




Si de langue irlandais nous fûmes en ça peint,
L'anglais fermé pourtant fit nos panoramiques
extraits, térébenthine en tête, en galopant
vers les couchers écrus sur les pins atlantiques.

Incidemment complice, un sang nous mélangeâmes
à l'encre délétère au bout de l'occident
gâté par l'ouragan cumulé de nos âmes,
et par l'ardent brasier tout écrit de nos dons.

C'est ainsi, crépitants, que nous vous les crachons
depuis les temps perdus par des siècles de pluie,
les versets abreuvés par l'incessant crachin.

Nous avons ce fantôme à chacun qui depuis,
psalmodie les langueurs hantées par nos chants,
récite au Dieu Brouillard un poème alléchant.

jeudi 2 novembre 2017

Aphorisme proustiphile

Nous sommes les fabuleux poucets semant des pierres blanches au gré de nos géographies, puis les remontant pour enfin trouver la conscience de l'existence au cœur de notre temps perdu.

mercredi 1 novembre 2017

Tanka du premier novembre 17



Sur une mer d'huile
On a tâché de repeindre
Entre ardoise et tuile
Un bleu blanc rouge érectile
Où chaque feu peut déteindre.


samedi 28 octobre 2017

L'agonie poétique




Des pans de cathédrale ont chu sur le ciment
du temps contemporain ; sans accord ni personne,
il enjambe leur reste et passe en son segment,
tel un bout d'entrelacs, tel un serpent qui sonne.

Arrivé jusqu'au cœur de l'église du Verbe
intemporel, il s'efface au profit du rejet
de tout dogme et des fleurs du poète dont l'herbe
enfumée rejaillit par les joints outragés.

Sur l'autel on commet les derniers sacrifices
(au nom d'impair impropre ou d'épiée catastrophe)
au nom d'esprits malsains qu'endossait l'art du fils
en brisant le respect des rigueurs de la strophe.

On célèbre en pleurant les vestiges d'un culte
affaibli par le poids de ses prêtres maudits,
des friches sont données en pâture aux incultes
et rien n'est retenu de ces pauvres mots dits.

La Prose a corrompu la plupart des adeptes
enivrés par les flots des vapeurs de l'encens,
découlant d'une veine où le mètre est inepte,
ils sont dans l'esclavage assumé bien-pensant.

La Poésie n'est plus qu'une déesse morte,
et les rimes perdues par sa dérive lente
ont l'âcre arrière-goût d'une langue qu'emporte
un torrent s’abîmant dans des eaux turbulentes.

lundi 23 octobre 2017

Post-Poétique




Nous fîmes des éclats de sons
les bribes de nos vers brisés,
les sanglots longs de nos chansons
que le Poète a méprisées

       — imbu de même
                         et reprisant
                                  le tabac froid
                                           du nihilisme
      — il dit qu'il m'aime
                    et qu'à présent
                                 cède à l'effroi
                                          l'infantilisme.

Il clame que la Poésie
s'est d'un coup désarticulée,
que le Grand Soir en parousie
s'est tout autant émasculé,

     que le grand Sens
                        a disparu
                             dans le chaos
                                      du millénaire
    et que l'essence
             où l'Art des rues
                              l'a mis K.O.
                                     coule en binaire.

Ère est venue — Post-poétique —
où l'on reprend au Modernisme
un par un ses lambeaux pratiques
en notre nouveau machinisme.

On dilacère un nerf à vif
afin de s'en servir de corde,
et des violons ainsi votifs
nous joueront un air qui s'accorde

     au grand marasme
                      incandescent
                                 mondialisé
                                      qui nous enserre,
    à force d'asthme
                     et d'indécents
                               non-dialysés
                                        que l'on enferre.

Aux orties les idées reçues
de nulle autre part que d'eux-mêmes !
Aux orties le triste aperçu
dont ils dégradaient le Poème ;

    on gonflera
              d'éther acide
                     et d'airs caustiques
                                  une baudruche,
    et l'opéra
            de son suicide
                            en dialectique
                                  à toute autruche.

Or, on ne lit Maïakovski
qu'en oubliant le cyrillique
et l'escalier dont n'est exquis
Que son écho parabolique.

Aux assis qui n'ont rien compris
de la révolte rimbaldienne,
ayez nos textes mal-appris
pour votre ineptie quotidienne !

dimanche 15 octobre 2017

Éphélides




À Alexandra Gillet,

La beauté d'un regard échappe aux traits du peintre,
éclatant de l'éclair où la clef là furtive,
éclabousse un long vers étranglé comme un cintre,
et palpite en la main qui du vol est fautive.

Et sans Elle on rempote à la plante des pieds,
l'inflorescence issue des pulsions amoureuses ;
on essaime à tout vent les doux mots tant épiés
qu'on célèbre à leurs sons des portées douloureuses.

On s'emporte, on navigue en aveugle ébahi,
le bleu-roi de ses yeux nous permet de l'écrire,
or on aime autant moins que l'on est plus haï.

Tout résonne, et les murs ont l'écho de son rire ;
un sourire est reflet du regard au-dessus
— mon poème appris dit ses éphélides sues.

mercredi 4 octobre 2017

Hors-la-loi




J'étrennai dans les bas fonds
de quelques rues Morgue
un splendide faux-plafond
d'où pendait l'âme-orgue
essoufflée par ses pédales
et ses vieux tuyaux
pourris jusqu'aux amygdales
— échancrés boyaux !

Afin de les tordre
ainsi qu'un torchon de table,
on mit prêt à mordre
un porc issu de l'étable
où sans s'assurer
de sa multiplication,
Dieu vint susurrer :
« C'est de la fornication ! »

Ce fut ainsi qu'il retint
— Wonderbra vengeur —
un sacrificateur hautain,
pâle et vendangeur
des vignes du tout puissant
dans leur hôtel borgne...

On songe en passant
du rire aux larmes qu'on lorgne,
à ces sans-soucis
qui dictent leur bon aloi,
froncent les sourcils,
crachent sur nous, hors-la-loi.

dimanche 1 octobre 2017

Continents




J'en ai connu des continents à la dérive,
au point parfois d'en affronter la subduction,
sans pour autant qu'on n'ait tiré de ces deux rives
une embouchure en lèvre ourlée par la diction.

La boutonnière ainsi fleurie par le langage
a tressailli — ventre de flamme — au ceint esprit
comme une citadelle ; un joyau que l'on gage
est desserti de cet écrin, c'en est le prix !

Puisqu'on avorte alors au gré des collisions,
de son ego que le rejet par la fenêtre
a su démanteler tandis qu'il voulait naître,

on se contente avec un brin de collusion,
de s'imiter entre forçats qu'on dessine et
tous prisonniers de leur exil enraciné.

vendredi 29 septembre 2017

Pygmée




En essuyant de ma vareuse
un coin de ma narine nationale
un peu comme on colle une photo
dans un album de souvenirs
J'essuyai les grains passés avec les couleurs
les douleurs
les humiliations
les torpeurs cataclysmiques
auxquelles on promet cent ans de sommeil
aux bois verts de cerfs-volant
dont on fait des pipes à casser,
J'essuyai les plâtres esquissés
par les sculptrices de mon existence
auxquelles en me soumettant
bien plus qu'elles à ma main — Pygmalion
d'enfer (Rochereuil) —
il m'advenait de perdre mes modèles à suivre.
On est bien moins qu'un faiseur de tour
à pots cassés
lorsque l'ostracisme
a raison de vos racines
et vous a mis à pied de biche
en s'introduisant par effraction
dans les recoins de votre cerveau
dans votre intimité miteuse
et dans votre grenier créatif où peignent les araignées
d'un pinceau du temps qui dérobe les cheveux des hommes,
Lorsque les vents sont des râteaux
de merlans frits par la patrouille
à dix-sept ans
(les yeux dans l'potache)
d'huile
à défaut de terre glaise
à défaut d'amour et d'inspiration
bouche pleine de promesses absconses
en essuyant de ma vareuse
une commissure d'Elles
obsédantes ainsi que la Vie qui nous échappe
ainsi que le cinéma primitif où notre existence existe
entre deux images et sur le côté de la pellicule
un peu comme une bande son
comme une bande de cons mais à soi tout seul.
Le Pygmalion est mort ce soir.
Et pas le Capitaine !
Un capitaine est un cavalier céphalophore :
on la lui coupe — autant la chique, autant la tête —
et sous le bras s'en fait la grande aisselle
et le ménage qu'il prétend
dans les vestiges des assiettes cassées,
Car nous sommes chacun des civilisations
dont certaines sont effondrées
mais dont la splendeur des ruines n'autorise pourtant
personne à les saccager !
Regardez le Monde et ses turpitudes :
il ressemble à ses petites fourmis humaines
un peu comme une fractale
invariance d'échelle
chaos
jeunesse (« les tilleuls sentent bon sur la promenade »)
mûrissement
sénescence
(saine essence)
pourrissement
(« la forme et l'essence divine de nos amours décomposés »)
La Poésie verse une eau claire au creux d'un bénitier païen
pour célébrer ses prédictions
tandis que vivant de diction
Le tigre a tué son pygmée lion
La griffe a déchiré les petits papiers-cul
sur l'autel de la déréliction
de l'amour de ce que l'on croit beau
sur un démon ceint Michel
et sur l'abandon des prétentions tyranniques.
La vie devient belle en cessant de la violer.

mardi 19 septembre 2017

Nihilisme




Ne plus rêver, ne croire en rien,
ne plus penser ni désirer,
le grand marasme vénérien
s'est imposé, Dies Irae !
Mais dans le ventre adultérin
de ma maison mise aux arrêts,
j'ai su forger l'anneau d'airain
brisant la chaîne où son Art est.

Ne plus sculpter les effigies
des dieux humains mondialisés,
sachant leur fin car ici gît
l'anneau des reins non dialysés,
ne plus conclure à la vigie
la trajectoire à mépriser,
ni l'incroyable hémiplégie
qui nous conduit à tout briser.

Ne plus céder au moindre espoir
et cesser là de s'en bercer !
S'imaginer c'est comme boire :
on est comme un panier percé
qui, bonne pomme ou pauvre poire,
aura bon dos sous des versets
— tant qu'on s'attend à nos déboires —
aura bon dos d'en reverser.

Le Titanic
         est notre état
                       de société,
                            nous coulons sûr
et la panique
          en petits tas,
                         à satiété,
                                 sa moisissure.
Le nihilisme
        est de rigueur
                 et de coutume
                        lorsque l'on sombre.
Un fatalisme
      et son aigreur
              ont son costume
                           empli des ombres.

Ne plus générer de projets,
ni de vastes fumisteries
dont l'on rature un premier jet,
puis que l'on jette et dont on rit ;
ne plus mentir et sans objet,
se fondre en des épiceries
qui sont la ruine des gadjé
d'un Monde en sa carrosserie.

jeudi 7 septembre 2017

The indian summer's air



When fall the autumn's leaves
I could sing your beauty
But their melody leaves
In a red unity
The branch of common tree
Relapsing on your hair
Blowing in Poetry
The indian summer's air.


jeudi 24 août 2017

Némésis




L'Amour est un objet qui comme une oasis
a fait claquer du bec une belle indolente.
Que serais-tu sans moi ma belle Némésis ?
Beethoven est la tombe aux lubies insolentes.

Et sa musique alors, infiltre un cœur usé,
sa mélodie tourmente un esprit sans issue,
ce qui me fit t'écrire un meurtre assez rusé,
n'est pas le doux baiser qu'en retour on reçut.

L'Amour est un objet dont les bords contondants
sont l'horrible massue d'un rivage accessible
aux naufragés de vies de demains qu'en tendant,

l'Amour ignore et mène à l'extrême impossible
où tout se fond enfin dans ton simple sourire :
il vaut mieux en pleurer mais parfois même en rire.

mercredi 16 août 2017

Ce que que je n'ai pas pu te dire




À Manu',


C'est comme un métro que l'on rate
et qu'on ne rattrape jamais,
ce sentiment qu'on nous pirate
au gré de ceux que l'on aimait,
partis tôt pour d'autres rivages
à la rame inepte à prédire,
avec les maux de nos ravages
et que je n'ai pas pu te dire.

Il y avait quelques rancœurs
écrivant des vers à déboires,
et les battements de nos cœurs
— il ne m'en reste aucun pourboire —
assourdissants par le passé :
nous deux trop aimés, mal aimant,
perdant le nord et dépassés,
nous nous aimions, apparemment...

Le feu de la fureur de vivre
est un buveur impénitent
de mots dont parfois l'on s'enivre,
et ceux que nous vole le temps,
nous regrettons de les écrire
alors que le froid de l'absence
instille un vin que vient aigrir
une amère idée de non-sens.

Alors, il me reste un espoir
assez vain mais pourtant réel :
entendrais-tu le vent du soir
ainsi qu'il est au Cap Fréhel ?
Entendrais-tu du Cotentin
les marées venant s'y maudire,
et des rochers de mon destin
ce que que je n'ai pas pu te dire.

dimanche 13 août 2017

Heather Heyer






Heather Heyer avait des tâches de rousseur
et trente-deux chandelles afin de m'allumer ;
l'espoir est si fragile en emportant nos sœurs
— on voudrait les garder pour pouvoir les aimer.

Si la belle abhorrait le fascisme et l'obscur,
un noir était un homme à ses yeux de noisette,
et le combat de l'Être était sa sinécure
où l'on se glorifie d'échapper aux gazettes.

Heather Heyer était possédée des idées
grâce auxquelles on avance en notre triste monde,
et pourtant ce lui fut un bloody saturday.

Lorsque l'on ose heurter de plein fouet l'être immonde,
il faut craindre à son tour un des crocs de la bête
et ses légions de dents qui sont analphabètes.

vendredi 11 août 2017

Un rêve éveillé




Le Poème est un rêve éveillé
qui navigue au-dessus des flots lourds
où le verbe humain coule enrayé
par ce bruit dégoûtant qui rend sourd.

Il est franc mais lucide, et sans fards,
il nous semble insensé mais pourtant
cohérent sur ses mots, comme un phare
allumé par des feux importants !

Le poème au brasier s'est dédié
— l'hérétique a compris sa mission :
reportant les non-dits sine die,
rien n'amène à sa compromission.

Le Poème est un fou sans raisons,
sans calculs et sans plus d'ambitions
que sa simple et très belle oraison,
le Poème est sans ces conditions !

Si parfois ses contours un peu flous
vont prédire un présent surveillé,
le Poème est un dit que l'on floue,
le Poème est un rêve éveillé.