mercredi 28 octobre 2009

Au fait...

... Mon petit "Pataquès", ci-dessous, était mon 500ème poème écrit ou réécrit depuis le 18 Avril 2005. Comme quoi ! :-)

mardi 27 octobre 2009

Un rêve



Heureux nous le vivrons, ce bout de temps certain,
lorsque nous marcherons à pied, main dans la main,
Et que nous gravirons les marches deux par deux,
Jusqu'à l'appartement, qui de mien sera mieux.

J'y poserai gaîment des fleurs en ton jardin,
Et tant de papillons qu'étant même fanées,
nos fièvres garderont, confites de dédain,
comme un bouton de rose ou un beau temps d'acné,
ce que l'on décompose au prisme de l'acmé.

Qui ne saura jamais la voie de nos deux vies,
ni la seule unité dont nous fissions devis
aux voix de l'explosion, aux spasmes nucléaires,
et jusqu'à mes visions d'un vide aréolaire.

lundi 26 octobre 2009

Pataquès


"Mes bien chers frères,
Mes biens chères soeurs,
RepreneR avec moi tous en choeur !"


Eddy Mitchell



Si je trace un trait rouge et, sur un mur, dis : qu'est-ce ?
Certains y voient l'amour et d'autres la passion,
Certains un corps qui bouge ou des menstruations,
Je n'y vois à ce jour que tout mon pataquès.

samedi 24 octobre 2009

Le guetteur



J'ai fait foin des douceurs, j'ai entendu des chants :
fais amie la clameur du chaos déchéant,
parcouru dans la nuit, l'onde des cris d'enfants,
ai vécu sous des pluies qu'à tout autre on défend.

Pauvre de nous, vaincus, nous errons en puisant
les furoncles au cul dont on est impuissant,
ne pouvant qu'une chose horrible : on attend !
N'ânonnant que la glose où n'est qu'impénitent...

Tant me fallut racler les quais de l'ouest extrême,
pour enfin me prouver, ô mort, que je m'aime,
que je dressai détresse à l'horizon suprême
des versets que j'engraisse au mépris de moi-même.

J'étais comme un forçat qui, tirant sur ses chaînes,
des déserts s'exerça les parcours de leurs plaines,
et du sable écœurant, lorsque la coupe est pleine,
n'eut justice qu'on rend que des glands de son chêne !

Insensible, je vois défiler dans le ciel,
des étoiles les voies qui muettes déferlent,
et de mon Finistère, la raclure de sel
dont ta joue s'encolère en y fixant des perles.

C'est que moi j'y entends le chant universel !
D'outre-chute le chant et les rimes cruelles,
sirènes lamentées qui s'écorchent entre elles
et poissons aimantés violés à tire-d'aile.

Dans les cacophonies, je patiente à présent.
Que le vrai du faux nie ses orgasmes pesants,
peu m'importe : ils sont là pour enterrer le temps !
La tombe au Mandala qui m'est dédié : j'attends...

Et comme la sœur Anne, assise en sa tour d'argent,
Lassé des combats d'âne où je sortais perdant,
Je guette aux alentours, comme tombent les dents,
couronnes sans atours et propres détergents.

vendredi 23 octobre 2009

Le temps d'aimer

Quand des êtres sexués, on secoue l'émulsion,
on récolte des suées et des pluies et des yeux,
qui dans leurs bouillons gras nous confient l'émotion,
et des mois qu'un ingrat trouverait oublieux.

Quand d'un amour sincère on ne put que s'étreindre,
qu'un rapace eut la serre à nous réduire en miettes,
faudrait-il lui laisser notre flamme à éteindre,
et des torchons brûlés, notre simple serviette ?

Je ne crois qu'aux vivants et fais fi des fantômes,
qui nous on savamment fait défi des fontaines,
mais dont nos souvenirs indécents se font "home".

Je me crois revenir sans l'once d'une haine,
je laisse à notre horloge un temps pour se calmer,
pour bâtir la loge où, sans aiguille s'aimer.

jeudi 22 octobre 2009

Sous le signe de Prévert




"Jacques, tu ne sais pas peindre, mais tu es peintre !" Pablo Picasso

Je connais assez mal la poésie de Jacques Prévert. Un peu, quand même... Mais mal ! Alors j'ai décidé d'y remédier, curieusement au moment où je m'apprête à quitter le Finistère pour Montmartre, où il résida le plus longtemps de son existence. J'ai la bio de son frère et de lui à lire, son recueil le plus connu "Paroles", à disséquer, ainsi qu'un autre recueil de circonstance que je viens de m'acheter, évidemment : "Paris est tout petit".

En quatrième de couverture figure un sizain que je trouve emblématique :

"Entre les rangées d'arbres de l'avenue des Gobelins
Une statue de marbre me conduit par la main
Aujourd'hui c'est dimanche les cinémas sont pleins
Le oiseaux dans les branches regardent les humains
Et la statue m'embrasse mais personne ne nous voit
Sauf un enfant aveugle qui nous montre du doigt."

Alors, si on le lit conformément aux canons de l'écriture classique ça nous donne ceci :
15 pieds
13 pieds
13 pieds
13 pieds
14 pieds
13 pieds

A présent, parlons ce sizain !


"Entre les rangées d'arbr' de l'av'nue des Gob'lins
Une statue de marbr' me conduit par la main
Aujourd'hui c'est dimanch' les cinémas sont pleins
Le oiseaux dans les branch' regardent les humains
Et la statue m'embrass' mais personne ne nous voit
Sauf un enfant aveugl' qui nous montre du doigt."


Ô magie, nous avons des vers en alexandrins partagés par une césure en deux hémistiches, avec rime interne !
J'adore !
Je suis vraiment fan' !
J'y trouve le contournement des règles que je ne parviens pas vraiment encore à oser, preuve (entre autres) de mon immaturité littéraire... Mais bon, mon écriture va sûrement vieillir dans le bon sens du terme. Avec l'aide de Monsieur Prévert. J'y compte ! ;-)
J'ai déjà pas mal écrit sur Paris, mais ce premier chapitre de trente textes n'est vraisemblablement qu'une introduction. Il s'y trouve un certain nombre pour lesquels j'éprouve une tendresse sincère : "Paris-indien", que nombre d'entre vous connaissent déjà, "Paris demain", idem. En l'hommage de Monsieur Prévert, je vous présente celui-ci, que je ressors de mes tiroirs pour l'occase !



La place Maubert

C’est un jour de marché, sous la rue des écoles,
Un jour de giboulées, comme des valses folles,
Au doux chant des baleines et de leurs parapluies,
Des passants dont l’haleine, en nuages, s’enfuit.

Je la vois atterrir sur la vitre embuée,
Ma frontière à franchir… Attaché au café !
D’où je regarde avide, les rues se remplir,
Comme une étoile au vide, se remet à luire.

De la Mutualité, le palais est fermé,
La rue Monge écoulée comme un temps d’aparté,
Comme une bouche muette au sourire édenté,
Une place sans fête a son identité.

Dans son chardonneret, le vieux saint Nicolas
S’arrête de prier de ses sermons sournois,
Coincé par Mitterrand et Monseigneur Lefèvre,
Entre les Bernardins et l’autre rue de Bièvre.

Parallèle au grand fleuve, il s’en va saint Germain,
Peu importe qu’il pleuve puisqu’il vient de si loin,
En remontant la Seine et le quartier latin,
Il s’achève avec peine, après la place enfin…

Maubert-Mutualité et ses marchands étals,
Tout de vert plastifiés sous l’averse martiale,
Ses légumes, ses fleurs et ses spécialités,
Je n’en garde l’odeur que d’un carreau glacé.

Mais j’en garde l’image aux rétines collée,
De l’étudiante sage que j’y attendais,
De ce blond vénitien et son parfum mouillé,
De ces moments martiens qu’à Paris j’explorais.

Et si j’étais resté béat bas de Béa,
Si ma tante en avait et que mon oncle pas…
Si Paris en bouteille avançait à la nage,
Rien ne serait pareil à ses embouteillages.

Le boul’vard saint Germain est bien à sens unique !
De vouloir l’ignorer, sous le regard des flics,
Serait suicidaire pour un permis de vivre,
C’est ainsi qu’on erre quand on est bateau ivre…

Il pleut place Maubert et c’est réconfortant,
Car il pleut comme hier, comme sur tes vingt ans,
Plus besoin de prières ni de faux semblants,
Car en son cœur de pierre sont des mots berçants.

mardi 20 octobre 2009

De ma fascination pour la peinture sur corps

Beaucoup des travaux de mon ami Manser Fluxser m'inspirent et m'impressionnent.
J'ai des raisons à cela que j'ai creusées un peu...
Il y a quelque chose de primal, de fondamentalement sensuel et humain, qui recoupe le chamanisme et les légendes, telles qu'elles furent illustrées de la plus belle manière par nombre d'auteurs.
Je suis depuis mes treize ans, fasciné par une œuvre cinématographique que je vis en première exclusivité. S'y trouve une anecdote antique sur les vertus de la magie par la peinture à même la peau.
Si vous êtes curieux, regardez ceci.
Puis cela.
"Conan", fut un film très malmené. Les muscles de Schwarzy... Un thème à trouer le cul des intellectuels...
Pourtant, excusez du peu, sa réalisation est signée John Milius -scénariste "d'Apocalypse now"- et son scénario d'Oliver Stone, que l'on connait un peu depuis...
Lorsqu'à treize ans j'ai vu ce film, j'ai été transporté. Ensuite j'ai lu Howard, l'auteur génial d'origine irlandaise qui avait inventé ce personnage, et déposait dans la même petite revue d'écrivains maudits, la construction de cet univers auprès de celui horrible de son ami H.P. Lovecraft.
Je sais que mes copains d'enfance qui lisent ceci, ont le sourire au lèvres ! :-D
On en a fait des jeux de rôle que je maîtrisais, "Légendes celtiques", "L'appel de Chtuluh"...
On avait entre dix-sept et vingt-trois ans.
Je crois qu'au début, il y eut "Conan". La ruine de Dino de Laurentis - avec le gouffre de "Dune" qui est aussi pourtant un chef-d'œuvre - nous préserva des suites médiocres qui devaient être au nombre de quatre et dont ne fut qu'une que l'on oubliera bien vite. Il nous reste "Conan", merveille absolue à la cheville de laquelle l'industriel "seigneur des anneaux", arrive à grand peine .
J'avais treize ans et plein de rêves à fabriquer, lorsque, le cinématographe se mettant en branle, me fit lire ma première phrase de Nietzche. Nous étions en 1982 ; elle n'était pas aussi populaire qu'elle l'est à présent, où même les participants des jeux de TF1 peuvent la citer. Juste après, sur ces terribles battements lents de tambour, on y parle de l'Atlantide - ah ! MÛ, l'Atlantide - et des fils d'Aryus - ceux là-mêmes à qui peu savent rattacher le terme "d'aryen". On y parle aussi d'Aquilonia, qui est le nom antique de Quimper - Howard puisait énormément dans la vasque celtique, l'Irlande, le pays de Galles et MA Bretagne...
Alors, laissez juste venir l'eau à la bouche, car il n'est rien que je ne trouve plus beau, plus captivant ni plus stimulant, que ces chansons de geste antiques où la brutalité rivalise avec la ruse, la violence avec la force et l'injustice avec le droit.

lundi 19 octobre 2009

Lilith




©Fluxser
Photo et création de Manser Fluxser
http://www.fluxser.com


Le mystère
-----------des femmes
-----------------------magiciennes
------------------------------------tient à
------------------------------------------la verdeur de leurs yeux.
Quand austère,
--------------leur flamme
------------------------méridienne,
------------------------------------croisa
------------------------------------------d'un Dieu ceux chassieux...
….................................................................................................
Qui n'aima jamais l'une de ces créatures ?
Qui ne laissa libre court aux longues tortures
de la fluorescente invasion de nos sens
qui semble nous guetter depuis notre naissance ?
…...................................................................
Lilith, Elle, avait ces yeux verts !
Lilith, Elle, fut la première.
Epouse répudiée d'Adam ?
Pauvre pomme héritée des dents
qui croquèrent le fruit des chairs,
et Salem à chaque sorcière ?
….....................................
L
..
Ainsi leur fut gravé au fer, comme un bétail,
le doigt de l'homme laid ne faisant pas détail,
pour peu que réchappassent aux bûchers l'endroit
des filles de Lilith ayant clamé leurs droits.
.............................................................
Le péché originel n'est pas celui qu'on croit :
la bible de l'homme a mis la femme en croix !
Déversé sataniq', ta mère en est victime !
Le mâle en sa tunique est l'avorteur ultime !
..............................................................
Lorsque l'on fait l'amour,
------------------------qu'elle ouvre ses deux prés,
----------------------------------------------------le regard de Lilith
se met à moi au jour.
---------------------Dieu ne sait : c'est de près
------------------------------------------------que ce m'est implicite !
Un serpent qui vous prend dans l'en dedans de l'âme,
vous saisit par la tripe en sortant les neurones,
dont elle tatoue trip sur une peau qu'enflamme
le coït hérétique où l'on en puise l'aune.
.........................................................

Lilith
......
Il n'est de cabarets à la jument cabrée
ni plus coups de balais ni danses macabrées,
il n'est que vie curieuse à toujours explorer,
et la toux impérieuse à faire expectorer !
Je ne connais pas d'homme au tel regard viride,
pas plus qu'il n'est de chat arborant trois couleurs,
comme si d'un regard surpassant toute ride,
la femme-chatte étouffait d'un rien ses douleurs...
.....................................................................
On ne peut continuer le voyage insolite
ni nos tours de pass'-pass', ni nos vers transpercés,
sans ne jamais s'en souvenir, transes percées,
sans ne jamais avoir senti, compris Lilith.

dimanche 18 octobre 2009

De jardins et de haine

©Fluxser
Photo et création de Manser Fluxser
http://www.fluxser.com






Ample aux promiscuités, la splendeur d'Ispahan
que saoules fiancées se doigtent d'une alliance,
reflète en ses miroirs les rayons d'Ys perçant
l'opacité des soirs des cités d'espérance.

Un sombre chant les berce aux jardins suspendus
par un lustre de Perse aux cristaux dispendieux,
racontant de leur chute à nos lèvres pendue,
leur légende, mais chut ! La ville d'Ys pend Dieu...

L'étroit détroit de Troie qui finit par sombrer,
de Ninive l'octroi dont me fit ta cambrure,
me sont de Babylone un souvenir ambré
des jardins où s'adonne une faible membrure...

Dans ces jardins perdus, je repense à des lois,
Que des cheveux vendus aux couleurs de l'automne,
trahiraient de l'or fauve où se fonde l'aloi
des papiers que l'on sauve et dont tant m'environnent.

Dans ces jardins venus pour que je crois en toi,
et de tant d'avenues rabattues sur mon être,
parcourir le sentier comme on glisse d'un toit,
et des pluies de tomber, m'enœiller des fenêtres...

Il n'est nulle passion à laquelle abaisser
une quelque obsession, car dans nos ciels de plomb
est oligocéphale un affront de baiser,
et la vague rafale à nos vastes surplombs...

Dans mes jardins perdus où persiste l'essence
d'un mystère odorant, d'un Eden oublié,
j'avancerai nu, si tant est que j'avance,
Et raisonnablement, tout sera tout plié...

samedi 17 octobre 2009

Le péché originel


©Fluxser
Photo et création de Manser Fluxser
http://www.fluxser.com



Des arbres de la vie et de la connaissance,
pommiers poussifs poussant d'un pubis à des seins,
sans que trace d'un vit égrainant sa semence,
n'incarnât le serpent, j'ai subi les desseins.

Nos terres sont sillons que l'on creuse en la femme !
Ton nombril est un pôle aux mondes masculins,
d'un éther sourcillons à ces sens qu'il affame !
Ta finesse d'épaule, un péché catullien.

Tu m'as laissé la vasque aux versoirs écroulés,
dans ma liquéfaction, et dans ton chandelier,
comme une tige flasque et combien mal roulée,
je n'ai plus d'effractions qu'on ne me plaint délié...

Si surnage le crawl de ces intestins frêles,
dont d'écroulants efforts dégueuleront les vers,
vérités que l'on frôle à la plume réelle,
d'écriture omnivore, on créera l'univers !

vendredi 16 octobre 2009

Hypérion





I

Que nous reste-t-il donc, à nous dieux éphémères,
que nous ne sûmes d'onc ni d'avenirs incertains,
si de nos cendres d'Homme un odieux Evhémère
saupoudre un Te Deum dont l'histoire en sert Un ?

Que nous fûmes Achille ou encor plus anciens,
de quelque langue agile aux légendes propices,
nous naquîmes enfin sous les traits parnassiens
de visages divins riant des aruspisces.

Et tant de dieux naîtront de nouveau de l'humain,
qui n'est moins que le tronc de ses théogonies,
qu'il me faut à ces voix qui me guident la main,
rendre un peu de nos fois d'un songe à l'agonie.

Il était dit de Lui, "au-dessus", Hypérion,
car de tout ce qui luit, on se trouve ébloui.
Il est aussi "l'Horus" de civilisations
décédées, quoique j'eusse été pris par l'oubli.


II

On la nomme Atlantide, et parfois aussi MÛ,
mais d'une carotide arrachée nous saignons,
simples plaignants geigneurs d'un continent perdu,
dont était le seigneur le puissant Hypérion.

S'il fallut de ce monde aux millions d'auréoles
(des colères qui grondent dans les jalousies),
dépeindre l'émerveillement en paraboles,
il n'est que le soleil en pleine parousie !

Mais rien n'est éternel, et les châteaux de cartes
s'effondrent en dentelle effilochée par l'age
des roches versatiles aux mœurs acariâtres,
qui ne laissent aux villes que ruine en partage.

Il marcha dans sa nuit comme un soleil couché.
Il marcha comme on fuit sa splendeur quiescente,
autour de lui-même sans jamais se lasser,
omettant qu'on s'aime dans sa voie qui est sente.


III

Qu'on en fit un Titan, quelque Divinité,
ce ne fut que le temps qui le mit en mémoire,
et de la Poésie qui lui fut éditée,
je garde la magie dans quelques vieux grimoires.


IV

Le regard m'interpelle aussi souvent qu'il faut :
comme on pique un rappel, il darde de lumière,
il vient de l'au-delà, sortant le vrai du faux,
et remplaçant parfois le feu d'une chaumière.

J'ai connu un désert torride et embrasé,
les soifs de la misère et le baiser du sel,
une obscurité froide et des fers au brasier,
mais dans ma marche roide il me restait le ciel...

Alors, je repensai la course d'Hypérion :
ce qui fut, était, peut, doit, va ressurgir !
Dans sa beauté d'onyx aux prismes en millions,
en lever de Phénix, un Soleil va rugir !

Que nous soyons enfants de Dieu ou d'Osiris,
tel Hypérion, qui fend d'un regard aquilin
le cyclone et la trombe, accouchés d'un iris,
l'œil n'est pas dans la tombe et regarde chacun.

jeudi 15 octobre 2009

Remonter la Loire




Rejoindre l'Auvergne en voiture,
-------------si tant est qu'elle nous attende
----------------------Angers, puis Amboise ce soir,
--------------------------------------Nevers et Brioude tantôt.
Ça prendrait quelques jours, c'est sûr !
-----------s'il n'était enfants que l'on rende,
-----------------------on aurait tant de trucs à voir,
------------------------------sessiles sous cils : c'est si beau !
Partir en glissant des toitures,
----------------en fugue, si nonchalamment,
---------------------tel un temps : remonter la Loire,
--------------------------------et tel un cadran, les châteaux !
Il n'est pas de petite aventure
--------------qui fut faite avec mes enfants,
-----------------------ni même de p'tits « au revoir »
------------------------------lorsque l'on se dit : « à bientôt ».

J'ai aimé, tour à tour à Tours,
pour m'imaginer en Anjou,
d'où ma magie naît de détours
majeurs, d'escarboucles de joues...
J'en ai ramé des contre-sens
sous le flux de l'eau maternelle,
sous le flot la liquide essence
d'un fleuve qui m'est essentiel !


Loire !
---------Maternelle.
Je te remonte comme le fil de la vie
--------------------------------------------de ma mère
-----------------------------------------------------------morte.
Boire ?
---------L'éternel
sera bon juge, ouvrira de son paradis
---------------------------------------------les amères
----------------------------------------------------------portes !

Nos vies qui continuent ? Ce sont ses troglodytes !
Nous sommes percés de labyrinthes harmoniques.
Croyant se mettre à nu, amassant les redites,
nous sommes insidieux, ainsi Dieu nous fait nique...

On a beau se calquer sur ses jolis calcaires,
c'est elle qui nous sculpte en ses cours de naguère,
en ses affleurements, bancs de sable précaires,
que nos attouchements miment de façon vulgaire.

À moi qui me survit au bout d'un Finistère
abscons, la remonter, c'est ravaler sa morve,
sa morgue, et s'épuiser d'Elle qui puise terres,
marnes et alluvions, et l'on vient, vivants torves...

Et l'on vient contempler ses crues...
La voir comme un cheval sauvage,
se foutre de ce que l'on crût,
et s'épandre en si beaux ravages,
qu'elle n'aura que de rivage,
---------l'idée,
l'unique idée
---------------d'une île,
------------------du Nil
--------------------------et de leurs sources,
---------------------------de nos ressources,
pour être enfin soi-même, au feu de nos forêts
touffues, des abattis de nos cœurs perforés.

mercredi 14 octobre 2009

Le corbeau (réécriture de 2005 à 2009)




De ces blessures d'encre que les lignes ravinent,
un auteur dont le chancre est l'écu vérolé,
déverse un fiel horrible et lâche, où se devine
le tourment que mon crible évite envers « olé » !

Qui n'a jamais croisé l'impudique vermine ?
rendant grande famine en vie mal digérée,
Comme une vomie cire émanant de l'urine
de sa lettre anonyme, émolliente diarrhée.

De cette gale noire on pétrit l'assurance
de son âme bifide en langue serpentine,
des terres qui se paument à chaque échéance
d'une plume sombre aux logorrhées assassines.

S'il est vendeur de juifs aux nazis, le corbeau,
si d'une odeur de suif s'accompagne un papier,
que le drame est tant laid malgré les décors beaux,
quand son aile étend les mots où tant perdent pied...

De vols en viols, tu gis, corbeau dont l'impuissance
conditionne au non-dit, confine à ne pouvoir créer
qu'une vague marée d'effets dont l'imprudence
du reflux, rend tes rets reflets de pauvreté !

Ce n'est pas du Corneille où trempe son ramage !
et quoique que vous, corps, n'ayez subi les dommages
de l'esprit ni des dons que fit l'anti-roi-mage,
je vous tend l'édredon sans sa plume à l'hommage.

mardi 13 octobre 2009

X




Boston !
---------Naître Poe-être,
----------------peut-être...
------------------------- N'être qu'un noir ?
m'étonne :
---------d'un tel salpêtre
-------------s'empêtrent
-------------------------les feux des soirs,
écarlates,
----------red,
--------------comme les sangs
-------------------------------qui nous font frères !
Que relatent,
---------raides,
-------------mes vers versant
------------------------------leur quant-à-faire,
sur les destins hors norme
--------------------------des enfants
-------------------------------------de la haine,
qu'ils se signent énormes,
------------------------de croissants
------------------------------------œcumènes !
Où l'homme est grand,
----------------------l'erreur est grande,
-----------------------------------------fréquente !
--------et nos écrans
---------------------télécommandent
--------------------------------------sa rente...
Malcolm,
---------rixes,
--------------sur les quais
--------------------------de mon calme,
Mal comme,
-------------X,
----------------démarqué
--------------------------de Montcalm,
des vents couverts,
-------------------debout !
---------------------------D'arts lemmes
-----------------------------------------en évidence,
de cœurs ouverts,
----------------deux bouts !
---------------------------Deux flemmes
------------------------------------et deux cadences...
Blanche ou noire,
-----------------non !
----------------------la vérité est grise.
----------------------------Nous grise !
Nos déboires
---------------sont
--------------------enfants d'errance
----------------------------et rances...
Notre génie n'est que le produit de nos erreurs,
et la façon d'y remédier,
-----------------naïveté,
---------------------------------------horreur,
X,
-------X,
---------------X,
----------------------X,
-----------------------------X,
------------------------------------X,
De saint André, tu as connu le crucifix !
Et du Coran,
-------------vin amer,
----------------------carnet de bal
------------------------------------tu,
qu'édulcore en
---------vain trouvère
-----------------que tant de balles
-----------------------------------tuent,
verset de sang,
----------------red,
--------------------que nous fussions noirs ou blancs,
nous trahissant
--------------d'aide,
--------------------effusion de faux-semblant...
Voulait-il que l'on écartèle Madeline ?
Pas de Poe ! Malcolm X n'eut pas de bas de ligne...
Pour un pécheur,
--------prêcheur,
-----------------nul pire comble !
-------------et quels décombres !
Que la colère
soit conseillère,
----------------bonne ou mauvaise,
--------------------elle est la glaise
------------------------------------où se pétrit
---------------------------------le corps contrit,
les pyramides des pensées
---------------------------humaines
-------------------------------------et pures.
Et s'il me fallait encenser
--------------------------de saines
------------------------------------épures,
il me faudrait
--------------me souvenir
---------------------------de celui qui
finit au vrai
-----------du froid martyr,
-------------------------et de Gandhi...

jeudi 8 octobre 2009

Lady Madeline


À Edgar Alan Poe (et à d'autres...),


I

Lorsque au bout de chemins nimbés de brouillards
qu'on écarte des mains (doigts sur leur mandoline),
on entend la ballade aux airs de corbillard,
c'est de l'étang malade où gémit Madeline.

Obsidienne est la teinte en cette onde fétide,
dont on souffre d'atteinte à son creux encéphale,
et que soutient Lady comme une cariatide
que la mort n'enlaidit pas autant qu'une Omphale...

Nulle vie, nulle fleur, n'éclot du vase clos
contenant tant de pleurs, réceptacle de l'ombre
et des infantes peurs dont on ouït l'écho,
lors des pires stupeurs sur les vaisseaux qui sombrent.

Nul oiseau ne survole un tel miroir sans tain,
craignant qu'on ne lui vole au passage son chant,
pour en vêtir Lady d'un dialecte latin,
d'une autre mélodie qu'un suaire de sang.


II

Madeline, qui fut un fantôme troublant,
avançant, pas menus, avant même ta mort,
puisqu'il t'a enfermée dans l'odieux faux-semblant
du lit capitonné d'un cercueil de remords,

puisqu'il te descendit dans cette crypte infâme,
laissant parler son dit à ma conscience sourde,
à ma paresse intime, à ma faiblesse d'âme,
je ne suis que le mime à tes râles qui sourdent !

Mais tu luttas féroce envers l'inique sort,
qui ne voulait que l'os à dompter ta beauté,
et soudain surgissant du caveau dont on sort,
morte vive de sang, tu la lui vins ôter !

Ton jumeau, lui ton frère, était-il toi en pire ?
Vous avez payé cher, vous la chair de vos chairs,
et parfois se lézardent les murs des empires,
comme chût le hasard de la maison Usher.


III

Quand on plonge ses yeux dans la flaque d'ébène,
nul reflet de nos cieux, ni de vues sibyllines,
mais nos propres passés de tristesse et de peine,
la silhouette évincée de Lady Madeline.

lundi 5 octobre 2009

Lumi-naissance



Au début n'était rien, moins encor que le vide !
Ni le son, ni l'image : absolue cécité.
Au  début n'étaient rien que des néants avides,
puis le verbe survint pour bâtir ses cités.

Puis le verbe survint : c'était le temps du rêve !
Qui le fit ? nul ne sait, mais on sait qu'invoquant
les mystères du monde, en jaillirent sans trêve
des chants premiers grondant bien plus fort qu'un volcan.

Se propageant en eux, la lumière et le son
(précédant la matière), envahirent de voies
oubliées aujourd'hui pour d'insensées leçons,
ce qu'advint l'univers que l'on sent, que l'on voit...

Ou du moins que l'on croit, car comment ressentir
ce qui fut avant d'être et survit en bohème ?
circulant en couloirs dont il n'est ressortir,
mais pouvant quelquefois rejaillir au poème.

Chanson d'automne


à Paul Verlaine,


Octobre, et les chansons d'automne en tourbillonnent.
Octobre où kilo-tonnes puisent mes nus clairs ;
la troisième saison s'est posée, déraisonne,
et je n'ai de raison que l'éclat de l'éclair...

Paris, que j'ai rodée tant de nuits, et jusqu'à
l'ultime heure érodée de mon combat latin,
me brandit sa menace en ignorant mon cas
culminant Montparnasse et les monts palatins.

Mes palais déconfits, dès qu'on doit tordre un coup
aux étés que l'on fit de baisers cou sur cou,
n'ont que la feuille morte à offrir à l'écrit.

Et quelque amour me porte à sonner de mes cris
des sentences d'orage, où s'allument mes lettres,
j'arpente le barrage où s'est bloqué mon être.

samedi 3 octobre 2009

Echos-leurres




Univers rayonnant aux myriades de points,
Point de myriades aux rayonnants univers !
Vers tes échos, faisant heurter, de loin, de loin,
Loin de loin de heurter, faisant écho : tes vers...

Nul humain ni Dieu nul, de ce croire ne peut
(Peut ne croire ce de nul dieu) ! ni humain nul...
Annule les heures, les cadrans adipeux !
Adipeux, les cadrans, les heures les annulent.

Fair(e) le point : ne survit-on là, quand on rugit ?
Rugit-on, quand là on survit ? Ne point le faire !
Airs matons : le garde-mort... ô silence agit !

Agit silence ! ô mort, garde-le, matons airs !
Mouroir, mon beau mouroir, le "moi" est en miroir,
Miroir en est moi le mouroir beau : MON mouroir.

vendredi 2 octobre 2009

Cascades



Ecrire en cascade
------------------est-ce
------------------------prendre des risques
--------------------------------------------ou bien
créer ces saccades,
--------------------où chaque astérisque
------------------------------------------soutient
l'hydraulique
-------------et périlleux
------------------------flux du verbe
-------------------------------------laiteux,
la colique
---------qui n'effraie que
-------------------------les imberbes
------------------------------------du mieux :
cet ennemi du suffisant...
Pourtant, quoique il suffise en
--------------------noircissant
-------------------------------les pages d'un carnet
----------------------------------------------------offert,
abrupte issue abrutissant
-------------------------nos mines incarnées
----------------------------------------------aux vers,
à devenir écrivain, poète,
-------------------------c'est parchemin faisant
------------------------------------------------qu'on sert
les couleurs de notre palette
----------------------------en un assourdissant
------------------------------------------------concert.
Mallarmé, Baudelaire,
----------------------Villon, Rimbaud,
--------------Prévert,
---------------------------------------Char, Yeats,
Verlaine, Apollinaire,
---------------------Cendrars, Hugo,
----------Corbières,
---------------------------------------Poe, Keats,
--------------------------------Maïakovski,
Eux aussi servent la rime et le mètre qui
de leurs noms
--------------s'encascadent
----------------------------et blackboulent
--------------------------------------------les béquilles
des poltrons,
-------------d'embuscades
---------------------------d'où déboulent,
-------------------------------------------intranquilles,
les fluxions de poitrail de nos phrases, leurs filles.
Regardez !
-----------les jardins suspendus
--------------------------------et les trilles
d'escaliers,
----------où les lettres fluctuent
------------------------------et sourcillent
à chaque marche
-----------------descendue,
----------------------------aux paliers franchis
du verbe oligarche,
------------------de son du
----------------------------au vers affranchi !
Cascadons d'humeurs
------------------variables
--------------------------comme un temps breton,
littéra-tumeurs
---------------malades
------------------------dont le trou nous ment,
et de notre cœur
----------------aimable,
------------------------mes chers compagnons,
perçant la grosseur,
----------------cascades
--------------------------s'écriront vraiment !